Rédacteur en chef adjoint du magazine So film, Lucas Aubry a publié chez Capricci un essai sur Takeshi Kitano. Et il a aussi écrit sur Natalie Wood, dont le parcours étonne encore aujourd’hui.

Enfant star

Née en 1938, la petite Natasha Zakharenko grandit dans une famille de russes blancs, chassés de Russie par la révolution de 1917. Maria, sa mère, ne cessera de raconter à ses filles qu’elles sont apparentées aux Romanov, ce qui est très douteux. Ce qui l’est moins est que Maria, éphémère reine de beauté, a une revanche à prendre sur la vie. Elle pousse sa fille Natasha sur les planches puis à enchaîner les castings à Hollywood. Et ça marche, la petite fille charme la caméra, est très à l’aise sur un plateau et connaît à la perfection son texte. On la voit ainsi jouer la fille de Gene Tierney dans L’aventure de Mme Muir de Mankiewicz. Devenue Natalie Wood, la jeune fille enchaîne les films, sa mère étant derrière elle pour tout contrôler. Mais cela ne peut durer qu’un temps.

La fureur de vivre du sex-symbol

Natalie Wood tourne le film de Nicholas Ray aux côtés de James Dean mais c’est le metteur en scène qui devient son amant : elle a 16 ans et lui 41. La jeune femme devient un mythe vivant avec ce film. Si elle tourne juste après La Prisonnière du désert de Ford, on peut dire qu’elle va attendre quelques années ses meilleurs rôles. Natalie Wood explose à l’écran avec un des meilleurs films de Kazan, La Fièvre dans le sang, et puis il y a West Side Story. Grâce à ces films, la voilà icône rebelle de la jeune génération du début des années soixante. Et ensuite ? Sa carrière marque le pas.

Inoubliable dans West Side Story

Ses frasques avec Robert Wagner, qu’elle épouse une première fois pour divorcer après l’avoir trouvé au lit avec le majordome, ses liaisons avec Presley, Tab Hunter (pour la galerie car il est gay) ou Warren Beatty défraient la chronique. On peut néanmoins sauver Propriété interdite de Pollak et surtout Daisy Clover de Mulligan, bizarrement oublié par l’auteur. Ce film raconte comment Hollywood créée une star: sa prestation y est excellente, on ne peut s’empêcher d’y voir une sorte d’autobiographie.

A la fin des années soixante, Natalie Wood disparaît un temps des écrans. Elle élève ses filles, se remarie avec Robert Wagner avant de reprendre sa carrière à la fin des années soixante-dix à la télévision et au cinéma. Et de trouver la mort dans des circonstances à jamais mystérieuses en 1981.

Reste une poignée de films et une beauté brune tranquille et charmante, candide et insolente.

Sylvain Bonnet

Lucas Aubry, Natalie Wood, Capricci, décembre 2024, 86 pages, 11,50 euros

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