La restructuration de l’univers DC franchit un cap décisif avec l’arrivée imminente d’une fresque policière à l’ambition dévorante. La chaîne HBO Max vient de mettre en ligne l’ultime bande-annonce de la série Lanterns avant son lancement. Fuyant les fresques cosmiques grandiloquentes et aseptisées, ce premier aperçu plonge le spectateur dans un thriller poisseux, ancré sur Terre, où la lumière émeraude peine à dissiper les ténèbres d’une enquête aux ramifications terrifiantes.

Le voile s’ouvre sur une dynamique rugueuse, loin des envolées héroïques traditionnelles. Dès les premiers instants, la brutalité du ton s’impose : le quotidien de ces fameux « flics de l’espace » est dépeint avec un cynisme salutaire. Hal Jordan, légende vieillissante du Corps des Green Lanterns, se voit flanqué d’une jeune recrue, John Stewart, considéré avec condescendance comme un simple suppléant, un vulgaire remplaçant. Ce mentorat sous haute tension se dessine dans les méandres d’une Amérique profonde, théâtre de meurtres macabres que l’instinct de Jordan relie implacablement à une origine extra-terrestre.

L’atmosphère lourde rappelle irrémédiablement l’esthétique moite et fataliste des grands polars télévisuels. L’œuvre semble vouloir troquer les affrontements galactiques stériles contre une introspection âpre, où la menace s’infiltre dans le réel. L’enquête devient alors le prétexte d’une passation de pouvoir douloureuse, Jordan finissant par admettre, devant son ancien professeur et ennemi juré Sinestro, que Stewart incarne bien plus qu’une doublure : sa propre relève.

Hal Jordan en action

No man escapes the Manhunters !

L’antagonisme, habilement suggéré par ce montage, repose sur la paranoïa la plus pure. Le nom des Manhunters est lâché, réveillant les fantômes les plus obscurs de l’univers de l’éditeur. Décrites comme les entités les plus dangereuses de la galaxie, capables d’adopter l’apparence de n’importe quelle espèce, ces machines impitoyables transforment chaque interlocuteur en suspect potentiel. Créées par les Gardiens de l’Univers, elles constituaient les forces de l’ordre galactiques avant d’être remplacées par les Lanterns ! Le danger devient ubiquiste, invisible, étouffant, confinant presque le récit au thriller psychologique.

Au fil des images, la mythologie s’épaissit insidieusement. Et lorsque résonne enfin le serment solennel des Green Lanterns, invoquant le jour le plus clair et la nuit la plus noire, le credo sonne presque comme une incantation désespérée face à l’abîme. Un parti pris narratif abrupt et vertigineux qui, s’il maintient ce cap d’exigence, pourrait bien redéfinir les contours télévisuels du genre. Verdict le 17 août 2026 prochain sur HBO Max !

François Verstraete

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