Ce matin, Universal a diffusé sur YouTube une deuxième bande-annonce, bien plus carnassière, pour la fresque épique que le monde attend : L’Odyssée de Christopher Nolan. Si le premier trailerposait un cadre esthétique, ces deux minutes et demie nous plongent tête la première dans les entrailles du drame homérique.
Ce qui frappe d’emblée, c’est le traitement radical des figures tutélaires du mythe. Nolan ne filme pas des héros de marbre, mais des êtres de chair poussés dans leurs derniers retranchements. On découvre Matt Damon en Ulysse brisé. Aminci, le visage raviné par une barbe de naufragé et le regard hanté, Damon s’éloigne de toute iconographie héroïque classique. Il campe un homme rongé par un syndrome de stress post-traumatique évident. Lorsque sa voix éraillée crache que « Personne ne se mettra entre moi et ma maison », pas même les dieux, on saisit l’obsession dévorante qui sera le véritable moteur du film.
L’épique et le politique
En parallèle, la résistance sourde d’Ithaque est dévoilée. Le film ne négligera manifestement pas les machinations politiques qui se déroulent au palais. Tom Holland (Télémaque) y apparaît le poing serré, clamant à qui veut l’entendre : « Mon père rentre à la maison ». Face à la ferveur du fils, on découvre la droiture hiératique d’Anne Hathaway (Pénélope), dont la résilience silencieuse semble être le dernier rempart du royaume. Enfin, un plan fugace, aux tons nettement plus chauds et opiacés, révèle Charlize Theron sous les traits de la nymphe Calypso. Une présence magnétique, presque éthérée, qui rappelle que les épreuves d’Ulysse ne seront pas que physiques, mais aussi charnelles et psychologiques.
Et L’Odyssée, c’est aussi la démesure de l’épreuve. Avec un budget estimé à 250 millions de dollars, Nolan fait ce qu’il fait de mieux : utiliser l’environnement comme un monstre implacable. La séquence qui agite légitimement la toile aujourd’hui est l’approche de l’antre du Cyclope, Polyphème. Le réalisateur d’Oppenheimer joue la carte du hors-champ et de l’épouvante. Dans la pénombre de la caverne, Ulysse murmure à ses hommes terrifiés : « Je crois qu’il dort ». Un suspense haletant balayé dans la fraction de seconde suivante par un montage brutal confirmant que le fils de Poséidon est malheureusement bien réveillé. La tension est à son comble durant ces moments, tout comme lorsque le navire du protagoniste ploie sous une violente tempête et des flots agîtés.
Plus que quelques mois à patienter avant la sortie du long-métrage, prévue ce 15 juillet 2026. Une attente teintée des espoirs identiques à ceux de Pénélope.
François Verstraete
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