L’industrie cinématographique retient son souffle en ce printemps capricieux. Les résultats des entrées en salles dans l’Hexagone pour la période du 22 au 28 avril sont tombés, et le verdict s’avère implacable. Après plusieurs semaines d’une domination sans partage, la suprématie des pixels a dû s’incliner face à l’aura d’une icône de la musique. En effet, l’équilibre des forces s’est trouvé bouleversé par l’arrivée tonitruante du biopic frelaté Michael, reléguant par conséquent le rouleau compresseur Super Mario Galaxy, Le Film au second plan.

Michael s’empare donc de la pole position, en s’attirant les faveurs de 1 390 446 spectateurs dès sa première semaine d’exploitation ; le long-métrage distribué par Universal frappe un grand coup et enregistre le deuxième meilleur démarrage de l’année. Cette performance ostentatoire prouve une fois de plus la fascination pérenne du public pour les destins tourmentés des légendes de la chanson et pour les années quatre-vingt.

On triomphe en chœur

Face à cette déferlante, Super Mario Galaxy, Le Film entame logiquement sa décrue (-37 %), bien que ses 607 975 nouvelles entrées lui permettent de frôler désormais la barre ahurissante des 4,7 millions de tickets vendus en quatre semaines (4 678 848 entrées pour être précis). Si l’on peut s’interroger sur la vacuité artistique d’une telle entreprise, qui recycle ses mécaniques avec une ferveur presque religieuse, force est de constater que la formule séduit toujours les foules en quête d’un divertissement inoffensif. En revanche, il lui sera désormais difficile d’égaler les scores faramineux de son aîné (plus de 7 millions d’entrées).

Sur la troisième marche du podium, Juste une illusion, la dernière proposition d’Olivier Nakache et Eric Toledano, accuse une baisse de régime substantielle de 46 %. Avec 345 677 curieux supplémentaires, cette chronique ancrée dans les années quatre-vingt s’approche tout de même du million d’entrées (980 170 en cumulé). Le long-métrage peine peut-être à trouver un second souffle, en dépit de la bienveillance inhérente du public au travail de ses auteurs.

On n’a pas franchi encore le million ?

Plus bas dans le classement, Bagarre (122 340 entrées) et Compostelle (120 344 entrées) tentent de sauver les meubles, le second frôlant les 930 000 entrées en quatrième semaine. On notera, non sans un certain désarroi, la résistance obstinée de Cocorico 2 à la sixième place (91 211 entrées). Consternante incarnation de ce que la comédie française contemporaine peut produire de plus indigent, cet ersatz filmique cumule déjà plus de 538 000 spectateurs, confirmant hélas que les errances du rire préfabriqué ont encore de beaux jours devant elles.

Heureusement, aux confins de ce top 10, une lueur d’espoir subsiste. Le fascinant Projet dernière chance s’accroche brillamment à la dixième place. Avec 49 225 billets supplémentaires en sixième semaine d’exploitation, l’odyssée interstellaire de Phil Lord et Christopher Miller franchit fièrement le cap du 1,1 million de spectateurs (1 126 830). Un succès amplement mérité pour une œuvre dont le salut repose noblement sur le dialogue et la transmission, amenuisant considérablement le ressenti négatif vis-à-vis de sa durée.

En définitive, cette semaine consolide une relative stabilité pour nos salles obscures avec près de 3,5 millions de spectateurs cumulés. En revanche Michael résistera-t-il à la tornade programmée Le Diable s’habille en Prada 2. Rien n’est moins sûr !

François Verstraete

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