Vingt ans après avoir hanté les couloirs du magazine Runway, Miranda Priestly prouve qu’elle n’a absolument rien perdu de son influence, ni de son flair pour les affaires. Alors que Le Diable s’habille en Prada 2 s’est d’ores et déjà imposé au sommet du box-office printanier, une nouvelle révélation vient confirmer ce que l’on savait déjà : Meryl Streep ne domine pas uniquement la haute couture, elle règne également en maîtresse absolue sur les arcanes financières d’Hollywood.

Selon un récent rapport publié par le magazine Variety, le retour de la rédactrice en chef la plus tyrannique du septième art a eu un prix, et non des moindres. Afin de ressusciter l’alchimie du long-métrage original, la production a dû s’acquitter d’une rançon royale. Meryl Streep, ainsi que ses partenaires à l’écran, Anne Hathaway et Emily Blunt, ont toutes les trois négocié un salaire équitable et faramineux : 12,5 millions de dollars chacune.

Une rémunération vertigineuse, qui, à elle seule, engloutit 37,5 millions de dollars sur le budget de production total, estimé par Variety au coquet montant de 100 millions de billets verts. Et l’addition est loin d’être réglée. Ces émoluments mirobolants ne constituent qu’un socle avant les primes indexées sur les performances en salles. Avec un démarrage solide et un maintien qui s’annonce satisfaisant, les trois actrices pourraient allègrement franchir la barre des 20 millions de dollars de revenus individuels si les recettes maintiennent leur cap actuel.

 Le prix de l’indispensabilité

Pour comprendre l’ampleur de ce coup de maître financier, il faut se replonger près de deux décennies en arrière. Lors de la genèse du premier Diable s’habille en Prada, Meryl Streep avait déjà fait trembler les cols blancs des studios. Sentant que le script recelait un potentiel financier, l’icône avait catégoriquement refusé la première offre. Son objectif ? Tester les limites de l’industrie pour exiger le double de son cachet initial (soit 5 millions de dollars à l’époque).

« Je me suis dit : « J’ai la cinquantaine passée, et il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que je pouvais faire ça ! » », a-t-elle récemment confié. « J’ai senti qu’ils avaient besoin de moi. J’étais prête à prendre ma retraite. C’était une leçon. »

Cette audace a forgé une sorte de jurisprudence. Aujourd’hui, à l’heure où Hollywood recycle ses propres légendes, la star exige sa part du gâteau et s’assure par la même occasion que ses consœurs ne soient pas laissées pour compte. Si cette démarche s’avère quelque part logique, elle contribue à l’augmentation disproportionnée et incontrôlée des budgets dans l’industrie… et de fait à la bulle qui risquerait bien d’éclater prochainement. Ceci, est une autre histoire toutefois !

François Verstraete

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