Les résultats des entrées en salles dans l’Hexagone pour la période du 29 avril au 5 mai sont tombés et le verdict s’avère pour le moins intéressant. Alors que l’on prédisait un affrontement titanesque entre une icône absolue de la musique et la redoutable prêtresse de la mode, la suprématie de la pop a finalement résisté aux assauts de la haute couture.

Après un démarrage tonitruant la semaine passée, le biopic frelaté Michael, distribué par Universal, continue d’affoler les compteurs et de vampiriser les salles obscures. Malgré une concurrence féroce, le long-métrage conserve la tête du classement en s’attirant les faveurs de 1 212 662 nouveaux spectateurs pour sa deuxième semaine d’exploitation. Un maintien exceptionnel qui lui permet de franchir allègrement la barre des 2,6 millions de tickets vendus (2 603 108 entrées pour être précis). Force est de constater que la formule, aussi académique soit-elle, séduit toujours les foules en quête d’un divertissement nostalgique.

Sur la deuxième marche du podium, la tornade annoncée a bien frappé, mais ne s’est pas emparé de la couronne. Vingt ans après avoir fasciné le public dans un premier volet devenu culte, Miranda Priestly prouve qu’elle n’a absolument rien perdu de son influence. Le Diable s’habille en Prada 2 signe un démarrage solide avec 1 032 555 entrées dès sa première semaine. Portée par le retour tant attendu de son mythique quatuor d’interprètes, cette suite tardive attire les curieux en masse, mais doit pour l’instant se contenter du titre de dauphin face à la déferlante musicale qui le précède.

On n’est que deuxième ?

Les pixels en décrue et la résistance française

Face à ce duo de tête intouchable, Super Mario Galaxy, le film entame logiquement sa décrue. Rétrogradé en troisième position avec 384 380 nouvelles entrées, le rouleau compresseur de Nintendo et d’Illumination franchit néanmoins le cap colossal des 5 millions de spectateurs (5 063 228 en cinq semaines). Ce score impressionnant dissimule une baisse de popularité de la franchise, puisque son aîné avait attiré presque 2 millions de personnes supplémentaires en salles.

Juste derrière, Juste une illusion, la dernière proposition d’Olivier Nakache et Eric Toledano, se maintient sans triompher pour autant. Avec 362 430 spectateurs rassemblés en troisième semaine, cette chronique ancrée dans les années quatre-vingt dépasse sereinement le million pour s’établir à 1 343 541 spectateurs. Un résultat néanmoins très éloigné des grands succès des cinéastes (Intouchables voire Le Sens de la fête).

On a franchi le million

Plus bas dans le classement, la nouveauté Vivaldi et moi s’empare d’une modeste cinquième place avec un timide démarrage à 114 719 entrées, devançant de peu les continuations de Compostelle (107 522 entrées, pour un très beau cumul dépassant le million) et de Bagarre (101 433). On notera par ailleurs, non sans un certain désarroi, la résistance obstinée de Cocorico 2 à la huitième place. Consternante incarnation de ce que la comédie française contemporaine peut produire de plus indigent, cet ersatz filmique grappille encore 74 893 billets et cumule désormais plus de 613 000 spectateurs.

En définitive, cette semaine consolide une activité notable pour nos salles obscures, reposant sur les mastodontes d’outre-Atlantique. Reste à savoir si l’affrontement au sommet entre Michael et Le Diable s’habille en Prada 2 se prolongera la semaine prochaine, ou si l’équilibre des forces s’en trouvera de nouveau bouleversé.

François Verstraete

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