Alors que l’on attendait une domination classique des franchises hollywoodiennes en ce début de saison estivale, une production horrifique indépendante a littéralement braqué les salles obscures. Le marché se porte d’ailleurs un peu mieux outre-Atlantique, avec des recettes globales estimées à près de 179 millions de dollars pour le week-end, soit une hausse de 20 % par rapport à la même période l’an dernier. Voici les résultats notables pour le box-office us pour la période du 29 au 31 mai 2026.

Et c’est la surprise absolue de cette année. Avec un démarrage estimé à 81,5 millions de dollars dans 3 442 cinémas, Backrooms pulvérise toutes les prévisions. Distribué par le studio A24, ce thriller angoissant s’impose de très loin à la première place du classement. Ce qui rend cet exploit encore plus atypique, c’est le profil de son réalisateur : Kane Parsons, un influenceur de 20 ans devenu mondialement célèbre grâce à ses vidéos YouTube explorant le mythe horrifique des « espaces liminaires ». Le cinéaste décroche au passage le record du plus jeune réalisateur à hisser un film à la première place mondiale. Le public et tout particulièrement la génération Z, s’est déplacé en masse, offrant à A24 le meilleur démarrage de toute son histoire.

Derrière ce raz-de-marée, Obsession réalise un tour de force rarissime. Pour son troisième week-end d’exploitation, le long-métrage engrange 26,4 millions de dollars, s’offrant le luxe inouï d’une augmentation de 10 % par rapport au week-end précédent ! Une telle dynamique tient du miracle dans un marché habituellement marqué par des baisses d’affluence constantes d’une semaine à l’autre. Cela témoigne d’un bouche-à-oreille tout simplement phénoménal. Le cap symbolique des 100 millions est ainsi franchi sans encombre, portant le total domestique à 104,7 millions de dollars.

C’est la panne sêche

La force abandonne The Mandalorian & Grogu

Le contraste est saisissant avec la troisième marche du podium. Le film The Mandalorian & Grogu accuse une chute vertigineuse de 69 % de ses recettes, se contentant de 25 millions de dollars. Avec un cumul domestique de 137,3 millions en l’espace de dix jours, l’aventure galactique de Disney fait face à un véritable mur. Compte tenu d’un budget de production estimé à 165 millions de dollars (hors frais marketing), l’inquiétude grandit autour de la de la saga au cinéma. Il va lui être donc très difficile de se rentabiliser.

En quatrième position, le biopic Michael continue de fasciner l’Amérique. Avec 11,7 millions supplémentaires (-43 %), le film consacré à Michael Jackson totalise désormais l’impressionnante somme de 339,9 millions de dollars sur le sol américain. À l’échelle mondiale, les chiffres tutoient les sommets avec près de 846 millions récoltés.

La nouveauté The Breadwinner (Sony Pictures) se contente de la cinquième place avec un modeste démarrage à 7,5 millions de dollars dans plus de 3 200 cinémas, peinant à trouver un large public face à une concurrence féroce.

Enfin, il convient de souligner la très belle longévité du Diable s’habille en Prada 2 (6e place). Avec 5,9 millions de dollars engrangés ce week-end, la suite tant attendue dépasse le cap prestigieux des 200 millions de dollars de recettes domestiques (209,3 millions au compteur), prouvant que Miranda Priestly n’a strictement rien perdu de son pouvoir d’attraction.

En attendant, les mastodontes animés Des Minions et des monstres et Toy Story 5 ou le nouveau Steven Spielberg, Disclosure Day, Backrooms devrait conserver sa position la semaine prochaine ; sauf bouleversement de dernière minute ?

François Verstraete

 

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