Pour ce traditionnel week-end de fête nationale américaine, du 3 au 5 juillet 2026, l’industrie hollywoodienne espérait un feu d’artifice de dollars. À la place, le box-office us a plutôt offert un embouteillage animé et surtout, un crash super-héroïque d’une violence inouïe.
C’était censé être le rouleau compresseur de l’été. Avec Des Minions et des monstres, Universal et Illumination comptaient bien braquer les salles obscures comme à la grande époque. Résultat des courses ? Une première place, certes, mais avec un sérieux goût de défaite. En amassant seulement 36,4 millions de dollars sur le week-end classique (et 61,4 millions sur ses cinq premiers jours d’exploitation), cette nouvelle itération de la franchise Moi, moche et méchant signe tout simplement le pire démarrage historique pour les petites créatures jaunes. La formule commence-t-elle à s’essouffler ou s’agit-il d’une erreur stratégique de calendrier ? Difficile de ne pas y voir les conséquences d’une cannibalisation entre studios, le public familial ayant dû choisir entre deux mastodontes animés coup sur coup.
Car juste derrière, Woody et Buzz continuent de dicter leur loi. Toy Story 5 s’accroche solidement à la deuxième marche du podium avec 31 millions de dollars pour son troisième week-end. Une baisse de régime somme toute logique face à l’arrivée massive des Minions, mais le film de Pixar et Disney peut se targuer d’un cumul nord-américain faramineux s’élevant déjà à plus de 366 millions de dollars. Avec plus de 760 millions de dollars engrangés sur le monde, le milliard de recette se profile.
Pendant que l’animation siphonne les recettes des multiplexes, la surprise de ce début juillet vient d’Angel Studios. Capitalisant habilement sur le patriotisme exacerbé du 4 juillet, Young Washington s’empare de la troisième place avec 20,8 millions de dollars. Un démarrage particulièrement robuste pour cette production qui retrace les jeunes années du premier président américain.
Mais la véritable leçon de ce week-end de juillet, c’est le naufrage industriel cataclysmique de Supergirl. Avec une chute vertigineuse de 74 % de sa fréquentation pour son deuxième week-end d’exploitation, le blockbuster de DC Studios et Warner Bros. ne récolte que des miettes : 9,6 millions de dollars, portant son triste cumul à 58,4 millions. Un rejet pur et simple de la part des spectateurs, qui viennent sanctionner une énième tentative de maintenir sous perfusion un univers super-héroïque visiblement à l’agonie. James Gunn et les exécutifs de la Warner risquent de transpirer à grosses gouttes en examinant ces chiffres qui soulignent un accident industriel majeur.
Dans le reste du classement, le salut financier continue de venir des petites productions aux concepts percutants et aux budgets microscopiques. Porté par la génération Z, le thriller horrifique Obsession (Focus Features) engrange encore 5,3 millions de dollars, poussant son total délirant au-delà des 245 millions de billets verts, pulvérisant ainsi tous les records de rentabilité pour un long-métrage produit pour moins d’un million. Même son de cloche du côté du studio A24 avec Backrooms, qui cumule désormais plus de 190 millions de dollars de recettes domestiques.
Les arrivées en salles la semaine prochaine d’un autre film d’épouvante, Evil Dead Burn issu d’une franchise très appréciée du public et du mastodonte en live action, Vaiana pourraient bouleverser la donne. À suivre.
François Verstraete
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