Le paysage cinématographique français vient d’être le théâtre d’un sursaut notable. Après une période marquée par une légère apathie de la fréquentation, les résultats du box-office français pour la semaine du 17 au 23 juin 2026 affichent un regain de vitalité. La hausse frôle les 91 % par rapport à la semaine précédente. Sans grande surprise, cette embellie s’explique avant tout par l’hégémonie de licences bien établies, confirmant l’orientation d’une industrie hollywoodienne naviguant toujours entre choix consensuels et quête frénétique de rentabilité.

En tête de ce palmarès hebdomadaire, Toy Story 5 s’empare de la première place en ralliant plus d’un million de spectateurs (1 006 000) dès sa première semaine d’exploitation. Il existe des franchises qui semblent condamnées à ressurgir inlassablement. Si la nécessité artistique d’un cinquième volet peut légitimement susciter le débat, sa force de frappe au sein des salles obscures demeure indéniable. L’alliance d’une animation efficace et d’une douce mélancolie programmée continue de charmer un public avide de retrouver ses repères.

Derrière ce titan de synthèse, l’horreur conceptuelle s’octroie une très honorable deuxième position. Backrooms effectue un démarrage robuste avec 486 000 curieux attirés par ses espaces liminaux anxiogènes. Une performance assez impressionnante qui prouve que le cinéma de genre, y compris lorsqu’il est doté de budgets modestes, conserve un vivier de fidèles spectateurs à la recherche de frissons novateurs.

Le phénomène Backrooms

Sur la troisième marche du podium, le cinéma historique national fait de la résistance. La Bataille de Gaulle : L’âge de fer, la grande fresque épique réalisée par Antonin Baudry, enregistre une progression inattendue de 17 % en troisième semaine. En attirant 271 000 spectateurs supplémentaires, le long-métrage s’approche doucement du seuil des 900 000 entrées. Ce score s’avère pour l’instant, hélas insuffisant pour rembourser les sommes colossales investies dans le projet. Quoi qu’il en soit, cette œuvre ambitieuse supplante le maître Steven Spielberg dont le retour à la science-fiction, Disclosure Day, perd déjà de son élan. Avec une chute de 38 % de sa fréquentation, le film rétrograde en quatrième place et cumule 649 000 billets vendus en deux semaines.

Plus bas dans ce classement, les exploitations au long cours exigent le respect. Obsession, le thriller psychologique âpre qui s’est progressivement imposé comme l’un des véritables coups de cœur du public de l’année, franchit enfin la barre symbolique du million d’entrées lors de sa sixième semaine, avec 124 000 spectateurs additionnels. Dans un tout autre registre, la comédie parodique Scary Movie 6 s’effondre logiquement (87 000 entrées, -49 %). Enfin, la persévérance des mastodontes se confirme : le biopic Michael prolonge sa trajectoire exceptionnelle en dépassant désormais les 5,4 millions de billets vendus après neuf semaines de présence, tandis que l’aventure galactique The Mandalorian and Grogu franchit péniblement le cap du million de spectateurs.

L’arrivée Des Minions et des monstres va-t-elle rebattre les cartes la semaine prochaine ? Et la Fête du Cinéma aura-t-elle l’impact positif souhaité en cette période caniculaire ? Réponse bientôt !

François Verstraete

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