Les résultats du box-office français pour la période du 8 au 14 juillet 2026 sont tombés. En cette période estivale caniculaire, les salles obscures se remplissent. Une tendance se confirme celle du triomphe du recyclage et des licences balisées. Le public, avide de divertissement durant la période des congés, se rue vers les blockbusters et les films d’animation.

En tête de ce palmarès, la médaille d’or revient à une nouveauté qui symbolise parfaitement la paresse créative de l’industrie nord-américaine. Vaiana, la légende du bout du monde, énième relecture en prise de vues réelles affublée de la présence de Dwayne Johnson, s’empare du trône avec 770 000 entrées. Si l’entreprise, au budget pharaonique de 250 millions de dollars, attire les foules sur plus de 600 copies ( ce contrairement aux États-Unis), elle témoigne d’une fâcheuse propension à capitaliser sur la nostalgie récente plutôt que d’innover.

L’hégémonie des figures connues se poursuit sur les marches suivantes du podium, où les franchises dictent à nouveau leur loi. Toy Story 5 s’accroche fermement à la deuxième position en séduisant 410 000 spectateurs supplémentaires. Le film d’animation dépasse allègrement la barre symbolique des 3 millions d’entrées en un mois d’exploitation. Dans son sillage, Des Minions et des monstres séduit encore 340 000 curieux (malgré une baisse de 35 % de sa fréquentation), s’approchant sereinement du cap des 2 millions. Le jeune public plébiscite ces univers familiers, assurant des retombées juteuses aux grands studios d’Hollywood.

Face à cette armada outre-Atlantique, le cinéma hexagonal oppose une résistance acharnée, portée par un souffle épique et patriotique. Le diptyque La Bataille de Gaulle affiche une longévité remarquable. Le volet J’écris ton nom s’arroge la quatrième place avec 310 000 tickets vendus, franchissant haut la main le million, tandis que son aîné, L’âge de fer, continue de rassembler 200 000 passionnés d’Histoire, cumulant près de 1,85 million de billets. Cette remontée remarquable ne rentabilisera pas hélas, les sommes investies.

La résistance, c’est nous !

Plus bas dans le classement, le constat s’avère contrasté, voire amer pour certaines superproductions. Supergirl s’effondre lourdement. Avec une chute de 40 % de sa fréquentation, la super-héroïne ne rassemble que 155 000 individus en deuxième semaine, peinant à franchir les 410 000 entrées au total. Un naufrage retentissant pour une œuvre dont les coûts de production avoisinent les 170 millions de dollars, prouvant que l’indigestion guette les amateurs d’héroïsme en collants.

Les amateurs de frissons, quant à eux, trouvent un réconfort relatif. Backrooms continue de hanter 170 000 âmes (pour un cumul très solide de 1,27 million), confirmant la rentabilité pérenne du genre. En revanche, la nouveauté Evil dead burn démarre timidement avec 150 000 victimes, un score bien modeste pour une licence jadis auréolée de gloire horrifique.

Enfin, il convient de saluer le maintien miraculeux d’Obsession. Avec 120 000 entrées supplémentaires et une baisse infime de 20 % en neuvième semaine, ce petit long-métrage au budget dérisoire de 750 000 dollars culmine désormais à plus d’un million et demi de spectateurs. Un authentique triomphe de rentabilité qui contraste violemment avec la déroute de Permis de détruire, refermant piteusement le classement avec de maigres 80 000 entrées et une indifférence quasi générale.

L’arrivée du bulldozer de Christopher Nolan, L’Odyssée risque fort de rebattre les cartes la semaine prochaine. À suivre donc.

François Verstraete

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