Les résultats du box-office français pour la période du 3 au 9 juin 2026 sont tombés. L’hégémonie inéluctable d’Hollywood dicte à nouveau sa loi, mais sans éclat.

En tête de ce palmarès navrant, la comédie Scary Movie 6 s’empare de la première place. Avec près de 390 000 entrées pour sa semaine inaugurale, ce sixième opus ressuscite une franchise qui paraissait pourtant définitivement enterrée. L’auditoire plébiscite un humour bas de plafond au détriment d’une proposition nationale ambitieuse. En effet, la superproduction La Bataille de Gaulle : L’âge de fer doit tristement se contenter de la seconde marche du podium. Cette fresque historique, portée par des moyens colossaux, peine à résister face au rouleau compresseur d’un cynisme mercantile. Il lui sera donc très difficile de rentabiliser son budget d’envergure.

L’épouvante continue d’ailleurs de proliférer dans les salles obscures. Le long-métrage américain Obsession s’accroche fermement à la troisième place, flattant les plus bas instincts de spectateurs avides de frissons éphémères. Juste derrière, Michael, le biopic consacré au roi de la pop et emballé par Antoine Fuqua, refuse de faiblir. En rassemblant encore des légions de curieux nostalgiques, cette hagiographie confirme l’appétence du marché pour le récit balisé, portant ainsi son cumul vertigineux bien au-delà de la barre des cinq millions de tickets vendus. Il dépasse même le score de La Môme, l’entreprise du genre qui avait le mieux fonctionné sur le territoire jusque-là.

C’est dur !

La chute s’avère en revanche brutale pour Star Wars : The Mandalorian and Grogu. Rétrogradée en cinquième position, l’aventure galactique de Disney accuse un rejet cinglant. La recette s’épuise irrémédiablement, et ces chiffres catastrophiques actent une panne sèche pour la firme aux grandes oreilles. De son côté, Le Diable s’habille en Prada 2 poursuit son parcours implacable. Ce recyclage opportuniste d’un succès passé franchit le cap des 2,7 millions d’entrées à l’issue de sa sixième semaine, témoignant d’une industrie qui préfère vampiriser ses propres classiques plutôt que d’explorer la moindre once d’originalité.

Au sein de ce marasme créatif, une timide lueur subsiste néanmoins. Le drame français L’Abandon affiche une belle constance en s’offrant une honorable place dans le classement. En séduisant 115 000 spectateurs supplémentaires au cours de sa quatrième semaine, pour un total s’élevant à 550 000 entrées, cette œuvre rigoureuse prouve qu’un cinéma d’auteur exigeant conserve la capacité de trouver son public, même au cœur d’une distribution phagocytée par l’opportunisme absolu.

On attend avec impatience le verdict de la semaine prochaine, avec l’arrivée notamment de Disclosure Day, signé Steven Spielberg.

François Verstraete

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